La biographie de Calissa Ikama
 

 

  Discours biographique

 

 

 

Mlle Ikama Ngala Calissa Victoria est née le 8 juillet 1992 à Brazzaville. Elle est issue d’une famille de sept enfants dont elle est l’aînée.

La jeune Calissa a fait ses études préscolaires à l’école Saint Anne et ses études primaires à l’Ecole Nazareth et à l’Ecole Clé Phénix de Brazzaville où elle a également effectué ses études secondaires jusqu’en classe de 4e. Elle s’est très tôt distinguée, dans la vie quotidienne, par la recherche de l’ordre et de l’harmonie dans ce qu’elle observait et ce qu’elle faisait.

A l’âge de 12 ans révolus, au Collège en classe de 5e, Calissa Victoria Ngala Ikama a écrit, d’avril à juin2005, de sa propre initiative, seule et sans encadrement, un roman de 117 pages, intitulé :

« Le Triomphe de Magalie » , publié en 2005 aux Editions Lemba.  Quelques semaines après avoir terminé le manuscrit de son premier roman, Calissa a commencé à rédiger le manuscrit de son deuxième roman intitulé : " Le Revers nous épie", manuscrit qu’elle a achevé en  août 2006 avant de se rendre en vacances en France et en Espagne.

Calissa  n’est malheureusement pas rentrée dans son pays à la fin  de ses vacances en Europe, car elle a été admise à l’hôpital Robert Debret  le jour présumé de son voyage de retour. Après un premier diagnostic inexact – tuberculose intestinale – et un début de traitement y relatif, il a fallu procéder à plusieurs examens médicaux pour savoir de quoi souffrait exactement Calissa  : une des formes les plus rares et les plus mortelles de cancer chez les enfants.

Calissa s’est courageusement battue, pendant 14 mois, contre cette lourde maladie en partageant sa vie entre la maison et différents hôpitaux de Paris dont celui de l’Institut Curie. Elle a, malgré la douleur, souffert en silence et gardé son humour, sa lucidité, son sang froid et sa forte personnalité, comme si elle s’était résolue à mettre en application l’une de ses propres déclarations suivantes qu’elle a faites en répondant à un journaliste correspondant de BBC Africa : « La mort est une étape de la vie [...]. On doit se préparer à l’accueillir, à l’accepter. »

Pendant sa maladie Calissa a fait montre de beaucoup de courage : elle a affronté le regard des autres en s’affichant sans gêne en public et a soutenu les autres en ironisant sur sa maladie. Calissa est restée très attachée à son pays, à ses habitudes alimentaires et sa famille qu’elle a constamment demandée de retrouver : il n’a nullement été question pour elle de s’installer en France. C’est ainsi qu’après un petit moment de répit, assuré par une très lourde et longue opération chirurgicale, elle a exigé  de rentrer au pays voir ses frères qui lui ont tant manqué pendant 12 mois. Mais, juste quelques semaines après son retour au pays, Calissa devait encore une fois affronter les premiers signes de la reprise de sa douloureuse maladie. C’est ainsi qu’elle a été contrainte de repartir en France le vendredi 9 novembre 2007 et a été admise une fois de plus à l’hôpital de l’Institut Curie en France le samedi 10 novembre 2007. Calissa , l’écrivaine précoce s’est éteinte le dimanche 11 novembre 2007 à 5 heures 30 du matin.

Au cours de sa courte vie d’enfant écrivain, Calissa était restée modeste et aimable. Ses objectifs étaient clairement définis dans sa tête. C’est ainsi qu’elle écrivait : « La vie est simple mais ne la compliquez pas. C’est étrange, je n’ai jamais eu confiance en moi. J’ai des ambitions, des rêves et des choses incroyables à réaliser, mais il faut d'abord que je la prépare, cette route… » . Comme si elle voulait donner une suite à cette déclaration, quelques heures avant de rendre l’âme, Calissa a peint un paysage (une route) pendant plus d’une heure et trente minutes, avec beaucoup d’enthousiasme, de coopération et d’humour. Sur ce tableau elle illustre la route qui est certainement celle qu’elle s’était engagée à préparer pour réaliser ses rêves et atteindre ses ambitions. Elle semble s’y être représentée sous forme d’un arbre différent des six autres qui jalonnent la route. Et, le nombre d’arbres semble ne pas avoir été choisi par hasard : il révèle visiblement une partie de sa vie familiale. Sa famille qu’elle a beaucoup aimée. Après avoir peint ce tableau, Calissa s’est endormie pour ne plus se réveiller.

En dehors des œuvres que nous avons citées ci-dessus, Calissa a laissé beaucoup d’autres œuvres dont de nombreux textes inachevés et un tableau qui a été sélectionné par le personnel d’encadrement des Arts plastiques de l’Institut Curie et qui sera exposé en décembre 2007, à l’Atelier  Picasso de Paris.

Ainsi, pour terminer, Chers parents, chers amis Mesdames et Messieurs, nous vous invitons à partager avec nous le sentiment qu’à travers ses différentes œuvres et différents propos tenus en public (entre autres, son intérêt pour la lutte contre les maladies incurables), Calissa nous a montré la voie à suivre pour l’aider à parachever ce qu’elle n’a pas pu réaliser avant son départ prématuré.

Calissa, notre fille, tu as été privée de paix et de joie pendant 14 mois, qu’à présent ton âme repose en Paix auprès du Seigneur, notre Dieu !

                                                                La famille

  

 

 


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